Suspended spaces

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Le projet Suspended Spaces

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Le Projet Suspended spaces

On définit généralement un espace par sa fonction (un terrain de sport, un champ de pommes de terres, une aire de repos) ou par son lien d’appartenance privée ou publique (un jardin, une zone militaire, un pays,). Il existe aussi des espaces qui sont définis par la négative, dont le statut principal est de ne pas être occupé. Le no man’s land est un territoire privé de présence humaine. Généralement, les régions qui empêchent les hommes d’occuper un territoire sont le fruit d’un conflit, d’une violence : Parfois, des no man’s land apparaissent au gré d’une guerre ou d’une catastrophe, quartier visé par des snipers, champ de mines, zone contaminée, distance qui sépare deux lignes de front. Mais souvent, on dessine délibérément des no man’s land entre deux zones sensibles, ligne verte à Chypre, environ du mur Israëlo-palestinien, frontière du sud des Etats-Unis etc. De manière autoritaire, des territoires sont retirés de l’usage habituel pour créer un vide.

Le XXème siècle a particulièrement été marqué par des no man’s land à forte puissance symbolique : le terme apparaît pour décrire l’espace qui sépare deux tranchées de la première guerre mondiale. Puis on le retrouve dans de nombreuses situations de statu quo liées à la guerre froide, derrière le mur de Berlin, entre les deux Corées, entre la Chine et l’Inde, au Liban, en Palestine et plus récemment dans la Yougoslavie déchirée. Aujourd’hui, des no man’s land sont décidés aux Etats-Unis d’Amérique, sur des îles espagnoles, italiennes, pour permettre la surveillance des frontières, non plus pour se protéger contre un état voisin mais pour prévenir les flux migratoires. Les télévisions ont passé en boucle ces images stupéfiantes où des centaines de candidats à l’immigration prenaient d’assaut un No man’s land séparant Ceuta du Maroc.

L’Europe politique d’aujourd’hui se construit sur un principe de disparition des frontières physiques. L’espace Schengen voit peu à peu s’effacer les lignes frontières entre les membres de l’Union européenne, gommant symboliquement ce qui fut doublement à l’origine des conflits mondiaux du siècle dernier. Cependant, ponctuellement et avec une violence symbolique manifeste, des espaces frontières, des zones tampons, des Suspended spaces, ponctuent la géographie européenne comme autant de points de crispations. Qu’ils protègent une frontière entre l’Europe et le Moyen-Orient (zone verte chypriote), entre l’Europe et l’Afrique (Ceuta, Melilla, Lampedusa), entre islam et chrétienté (Bosnie-Herzégovine), ces divers espaces vides font écho à tous les conflits de la planète dont ils constituent une version paradoxale : un espace dépeuplé qui évoque une surpopulation, un calme qui évoque une grande violence, un vide qui évoque de multiples souffrances.

Tourisme et habitations provisoires

La montée en puissance économique de l’Europe est à l’origine d’un double flux en tous points opposé : d’une part, les citoyens européens ont de plus en plus les moyens financiers pour aller chercher le soleil, fuyant les grandes villes septentrionales pour s’évader vers le Sud, la chaleur, la mer. D’autre part, les populations qui bordent l’Europe tentent désespérément de remonter vers les pays les plus riches, de manière clandestine souvent. L’ironie de ce dramatique échange de populations est qu’il prend place souvent aux mêmes endroits : les plages des Canaries accueillent les touristes la journée et les embarcations de fortune la nuit. Les îles de Lampedusa, de Chypre, de Malte, connaissent toutes le même afflux de touristes et d’immigrés clandestins. Tout est fait pour éviter de confronter les uns avec les autres, les visiteurs souhaités et ceux qui sont traqués.

D’un point de vue spatial, les lieux dédiés aux touristes de masse répondent souvent à une même logique ; regroupement et concentration des logements à l’écart des centres historiques et des habitations indigènes, sérialisation et standardisation des architectures, relative précarité, bungalows, campements… Ces complexes ad hoc, issus d’aucune culture autochtone, surgissent au gré des possibles arrivages de vacanciers, imposant leur style, leur forme, leur logique. Toutes proportions gardées, ils définissent des espaces tout aussi « étrangers » à la réalité locale que ceux emménagés pour contenir l’immigration clandestine, une forme policée de Suspended spaces.

Les côtes méditerranéennes se couvrent, simultanément, de structures touristiques à grande échelle occupées au rythme des vacances saisonnières, et de zones de surveillance, de camps de rétention, pour endiguer l’arrivée permanente de candidats à l’exil. Il y a dans cette géographie paradoxale quelque chose de monstrueux, à la fois par la transformation du paysage et les conflits d’intérêts qui l’habitent. Le fantasme de la belle nature idéale et vierge croise le fantasme de la grande civilisation où tout est possible. Dans un cas comme dans l’autre, la réalité du pays d’accueil n’a aucune importance, ne fait l’objet d’aucune attention particulière, sinon là encore de manière fantasmée ou folklorique.

Urbanisme, colonie et post-colonie

Le tourisme impose massivement sa présence par la construction de logements, de structures d’accueil et de loisir, de voies de circulations, et ses différents équipements se rapprochent parfois de fait d’un urbanisme post colonial. Ses formes ne sont d’ailleurs pas sans rappeler un autre processus de colonisation, stratégique et planifié. En effet, la construction de logement est une arme, depuis longtemps utilisée dans les conflits de territoires, pour imposer sa présence à l’autre, fut-elle une présence « vide ». Ainsi peut-on qualifier de Suspended spaces ces lotissements en très grand nombre construits de manière systématique dans la partie nord de Chypre, imposant la future présence de turcs ou de touristes anglais sur une terre revendiquée par les grecs chypriotes. Ainsi peut-on qualifier de Suspended spaces les colonies israéliennes, construites, barricadées et protégées, sans même encore avoir d’habitants pour y loger. Cette manière d’inscrire potentiellement l’habitat en un lieu renvoie là encore à une conception d’espace en suspens, dont la force symbolique prend ici des formes performatives. La proposition spatiale devient un enjeu tangible, avec toutes les souffrances concrètes qui l’accompagnent.

Vide et mémoire

Nous faisons l’hypothèse que le regard artistique sur ces Suspended spaces qui dessinent des parenthèses dans les frontières européennes, saura interroger et mettre à jour la puissance symbolique, sémantique, visuelle de ces espaces vides. En effet, la perception du vide de ces espaces est toute relative. Voir ce qui n’est pas ne fait pas appel stricto sensu à des données sensibles mais à une mise en relation entre des formes perçues et la mémoire de ces lieux ou de lieux équivalents.

Ainsi, lorsque le no man’s land devient vaste et englobe non seulement des parcelles de paysages mais aussi des villages, des villes, la sensation de vide est accentuée. Les villes fantômes sont une forme de paroxysme de ce hiatus entre ce qui est perçu et ce que la mémoire nous suggère, nous communique comme information, comme projection, fiction.

L’absence de présence humaine devient manifeste. Les formes perçues sont nourries de la mémoire des lieux, de leur ressemblance à d’autres espaces, d’autres géographies, d’autres histoires, et ces croisements de sens par rapprochements formels, cette importance donnée aux détails, au peu perceptible, renvoie sans nul doute à la manière dont l’art d’aujourd’hui travaille, à la croisée des arts plastiques et du documentaire, de l’esthétique et de l’anthropologie.

Il ne s’agit nullement de nous efforcer de donner aux artistes un nouvel « os à ronger », un objet de travail riche en souffrances et en polémiques, qui pourrait combler la soif de sens et de sensations du monde de l’art. Il est plutôt question ici de rassembler des regards précis, sensibles, attentionnés, sur un objet ou plutôt un espace dont l’opacité est paradigmatique. Car il faut des spécialistes, des chirurgiens du regard pour observer le vide, l’absence.

Le caractère pluridisciplinaire est ainsi non pas une posture mais une évidence. L’approche artistique ne peut faire l’impasse sur une documentation historique, géographique, anthropologique, urbanistique. Cependant, il ne s’agit pas d’envisager les différentes informations de spécialistes comme une documentation préalable au travail artistique, mais bien d’envisager la création artistique comme porteuse de connaissances historiques, géographiques, anthropologiques et philosophiques. L’imbrication et la coopération de tous les acteurs du projet, avec leurs différentes disciplines et leurs différents regards, seront permanentes et continues.

Un espace paradigmatique : Famagusta (Chypre)

Un lieu : Famagusta ou plus précisément Varosha, une ville fantôme située sur la côte est de Chypre, dans la partie nord de l’île. Varosha, moitié grecque chypriote de la ville de Famagusta, une des plus grandes de Chypre (60 000 habitants hors période estivale), a été vidée de ses habitants en 48h en août 1974 lors de l’offensive turque sur l’île, et immédiatement bouclée par l’armée. Elle est restée « en l’état » depuis, devant plus ou moins servir de monnaie d’échange dans des négociations entre les deux communautés (Chypriote grecque et turque). La ville est ceinturée par un cordon de grillages et barbelés gardé par des militaires. Il est impossible de pénétrer à l’intérieur de la zone délimitée par ce cordon, interdit de filmer ou prendre des photographies, mais il est possible d’en faire le tour et de la voir depuis la plage.

Cela fait maintenant bientôt 35 ans que cette ville est suspendue dans le temps et suspendue à une décision politique qui pourrait lui redonner une destination. Vidée de ses corps et abandonnée de force, cette ville constitue un sanctuaire, un lieu de mémoire, un objet voué à une entropie inéluctable. La végétation gagne petit à petit du terrain, envahissant les bâtiments déjà détériorés par le temps, les pillages et les bombardements de 1974. Si l’impact visuel de cette ville fantôme est très puissant car ses dimensions sont celles d’une ville de grande superficie et que l’atmosphère qui s’en dégage n’est pas sans évoquer les paradoxes de la modernité (cf. le concept de « ruines à l’envers » de Robert Smithson), cet espace « non-occupé » ou « en attente d’occupation » manque de visibilité en dehors des frontières du pays.

Au-delà de la spécificité géo-politique du lieu et au-delà de toute position partisane, il nous semble que Famagusta porte tout à la fois une violence et une poésie que l’art « moderne » et en particulier le cinéma a su tenir ensemble sous la forme générique de l’image-temps pour citer un terme deleuzien.

Famagusta est une ville que l’histoire a laissée en suspens. Elle symbolise mieux que beaucoup d’exemples le statu quo déchirant de la situation chypriote. Mais elle fonctionne aussi comme symbole par sa forme. A l’origine du projet, il y a une série de confrontations entre chacun d’entre nous et cette ville, sa présence, sa puissance symbolique au sens d’Ernst Cassirer. Famagusta est une ville qu’on observe de l’extérieur, soit un peu clandestinement (depuis la partie nord), soit dans une mise en scène spectaculaire (depuis la partie sud). C’est un espace que nous n’avons pas le droit de filmer ni photographier. Le fait que cette ville fantôme, son histoire et son existence mêmes, soient méconnues de l’Europe entière (Turquie comprise) se manifeste par la surprenante quiétude de cette ville balnéaire qui est là, encore là, avec ses parasols abandonnés, ses façades vieillies, sa végétation débordante. Sa présence physique, son extériorité, bref, sa forme, est tout aussi symbolique que la situation historique qu’elle représente. En ce sens, cette ville nous semble pouvoir justifier une approche artistique plutôt que journalistique ou historique.

Oui, il y a certainement une injustice dans la situation chypriote que tout le monde ignore par désintérêt. Oui il y certainement un travail d’information, d’archivage, de témoignage à faire, et il est possible que notre projet y contribue. Mais ce ne sera pas l’enjeu principal. Notre objet gardera et revendiquera son caractère artistique. Il s’agira de confronter des regards artistiques à ce paysage urbain, spectaculaire, dense, riche, fragile, sensible, qu’est la ville de Famagusta, pour produire des objets artistiques aux formes et genres variées. Entendons bien qu’il ne s’agira pas de nier l’histoire ou la réalité géopolitique de la situation, mais plutôt de l’aborder par la forme, par l’extérieur, comme nous l’avons fait en tournant autour de la ville à chacune de nos visites. Ce parti pris n’entraîne nullement une mise à distance de notre «objet», mais plutôt une mise en relation individuelle singulière, qui passera par l’histoire et le regard de chacun et dans une approche qui revendiquera sa subjectivité, ses impasses, ses omissions. Il n’est d’autant moins question de mettre Famagusta « à distance » que la position d’extériorité évoquée à notre propos est toute relative. Certes, le projet se construit principalement depuis la France, mais parmi les acteurs du projet, il y a des chypriotes grecs et turcs, ainsi que des turcs et des artistes dont le pays d’origine croise la question de la partition et de la déchirure.

Positionnement du projet aux niveaux européen et international:

Il existe de nombreuses manifestations artistiques internationales qui constituent les principaux espaces de valorisation de la recherche plastique, biennales et foires particulièrement. Les artistes qui ont été choisis pour ce projet existent dans ce champ artistique et ont donc la légitimité de cette reconnaissance-là. Cependant, les critères de sélection en jeu pour la proposition du projet aux différents protagonistes n’ont rien de ceux d’une exposition pour laquelle on choisirait des exposants. Le choix s’est fait au regard, certes, de leur qualité artistique, mais aussi et surtout de la capacité de chacun à entrer et participer à l’élaboration collective d’un tel projet, compte tenu de leur recherche habituelle et de leur manière de travailler. Ainsi, durant presque deux ans, la liste a été peu à peu constituée au gré des rencontres, des avis et des recherches de chacun. Cette manière de procéder est très éloignée des pratiques « curatoriales » d’aujourd’hui et s’inscrit dans une volonté d’échapper à quelques impasses évidentes dont la plus spectaculaire fut l’annulation de Manifesta 6 (2006). Si nous avons particulièrement été soucieux de nous positionner par rapport à cet échec, c’est qu’il a été un traumatisme pour beaucoup de jeunes artistes initialement invités à participer à la manifestation et surtout parce qu’il est directement lié à la situation géopolitique de Chypre, situation à partir de laquelle nous souhaitions construire notre réflexion. Symboliquement et concrètement, revenir sur les lieux d’un tel échec international nous obligea à réfléchir aux raisons d’un tel gâchis afin de prendre des voies totalement autres. Le projet a donc pris le temps de se construire à partir d’une première résidence, sans aucune demande particulière de création ou de résultat autre que la mise en contact d’un lieu et d’un groupe d’artistes et chercheurs. La résidence a favorisé les échanges, collectifs (rencontres et discussions, conférences) et en groupes plus restreints. C’est seulement à la suite de cette expérience commune réunissant une trentaine de personnes venant de 12 pays différents, que nous avons pu envisager ensemble la suite du projet, et la définition élargie de la thématique. Il s’agit donc d’un mouvement inverse à celui habituel dans le champ artistique international, où un commissaire choisit une thématique, puis des artistes, puis des espaces d’exposition et intervenants éventuels.

L’objet d’étude en question, les Suspended Spaces, sera approché dans sa réalité géopolitique, historique, mais aussi spatiale, formelle, plastique. Ce que nous percevons de ces lieux est intimement lié aux représentations qui en ont été et qui en seront faites. Ces représentations entrent elles-mêmes dans un réseau de logiques et discours, schématisations et symbolisations, qui répondent de champs très différents. L’élaboration du projet répond à cette logique de recherche, où la confrontation à la réalité a été une expérience préalable, fondatrice du groupe de recherche. La présence fascinante de la ville fantôme de Famagusta a été la forme symbolique, paradigme des Suspended Spaces, qui servit d’espace physique sur lequel initier cet ensemble de regards sur le réel que le projet se propose de produire. La plage de Famagusta laisse voir la ville close de Varosha, avec ses hôtels à perte de vue, totalement vides, où le regard se perd dans des projections et des spéculations, où la mémoire individuelle (nos souvenirs, notre histoire) croise la mémoire collective (la modernité, la guerre, la division). Cette présence est productrice d’émotion, de sens, plaçant les données sensibles comme préalable aux œuvres et aux discours. Chacun selon sa recherche, son domaine, son histoire, va ensuite pouvoir réagir et produire des textes, des images, des films, des vidéos, des performances, des sons, pour proposer une représentation, littérale et métaphorique, de cette réalité-là ou de ce à quoi elle renvoie.

Si le groupe rassemblé pourrait sembler vouloir réunir dans le champ des arts des communautés divisées dans la réalité, nous tenons à affirmer que telle n’est pas notre prétention. Nous n’avons pas la naïveté de croire que les tensions historiques, les blessures ouvertes, peuvent même symboliquement s’effacer dans un projet artistique commun et nous refusons de jouer ce rôle très prétentieux de liquidateur de conflit. L’art, s’il s’inscrit dans le champ du politique, n’est pas une arme politique et ne peut se substituer aux pratiques politiques en usage dans ces cas. Il n’empêche que le groupe rassemble de fait des grecs, des turcs, des grecs chypriotes, des turcs chypriotes, ce qui témoigne d’un soucis de prendre en compte la situation locale, le point de vue des artistes, et de profiter de ce que leur regard particulier peut nous apprendre sur la situation.

Dans un même souci de respect de la réalité historique et sociale du pays en question, nous tenons à accompagner notre recherche d’un travail de documentation, utile pour les artistes mais également susceptible d’intéresser les protagonistes de cette réalité (entretiens, témoignages, photographies, textes, etc.).

organisation du projet

Le Projet sur les suspended spaces s’inscrit dans une recherche qui a déjà sa propre histoire qu’il faut rappeler car elle définit une caractéristique importante de notre approche de la question. Nous insistons en effet sur le caractère approfondi de la recherche, fort différente d’une thématique ponctuelle d’exposition telle que le champ artistique à l’habitude d’en décider. Nous insistons également sur la quantité et la densité des échanges entre les artistes et théoriciens du projet, qui vont bien au-delà des rencontres occasionnées habituellement dans les expositions collectives ou les colloques. Le projet Suspended spaces se construit dans la durée, en prenant le temps d’aborder les problèmes, d’élaborer des formes nouvelles, de faire des propositions, de les discuter, amender, transformer. Le work in progress est ici une dimension fondamentale de la recherche, et les expositions, publications, site Internet, colloques qui ponctueront chacune de ses étapes devront s’efforcer d’en témoigner.

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Written by suspendedspaces

12 janvier 2010 at 2:54

Demandez le programme

Vous pouvez télécharger le programme en pdf : Suspended-Spaces.

Written by suspendedspaces

4 janvier 2010 at 11:59

EXPOSITION COLLECTIVE

SUSPENDED SPACES #1 depuis Famagusta

du 18.03  au 25.04.2010

commissaire général : Brent Klinkum

coordination générale des expositions : Daniel Lê, Françoise Parfait, Éric Valette

Vernissages à 17h

au Musée de Picardie, 48 rue de la République, Amiens

à la Maison de l’architecture, 15 rue Marc Sangnier, Amiens

et à 18h

à la Maison de la Culture d’Amiens, 2 place Léon Gontier, Amiens

au Cloître Dewailly, 3 place Dewailly, Amiens

Ziad Antar / Katerina Attalides / Christian Barani / François Bellenger / Berger & Berger / Filip Berte / Antoine Boutet / Victor Burgin / Nikos Charalambides / Marcel Dinahet / Köken Ergun / Maïder Fortuné / Bertrand Gauguet / Elizabeth Hoak Doering / Pravdoliub Ivanov / Jan Kopp / Yiannis Kyriakides / Lia Lapithi / Daniel Lê/ Armin Linke (en collaboration avec Aristide Antonas et Serap Kanay) / Panayiotis Michael / Adrian Paci / Françoise Parfait / Denis Pondruel / Sophie Ristelhueber / Mira Sanders / Yiannis Toumazis / Stephanos Tsivopoulos / Nasan Tur /Eric Valette /Christophe Viart / Mehmet Yashin.

Première manifestation publique d’un projet issu d’un collectif regroupé autour d’artistes et de chercheurs de l’Université de Picardie qui a réuni petit à petit un groupe de plus d’une trentaine d’artistes internationaux, Suspended Spaces#1 s’est construit à partir d’une question sensible liée à une situation réelle : un quartier,

Varosha, abandonné par ses habitants forcés de partir, d’une ville chypriote, Famagusta, occupée par une armée qui en interdit l’accès depuis 1974. Véritable parenthèse spatiale, à la fois monument et no man’s land, cette ville fantôme interroge nos histoires et notre histoire, celle des échecs des politiques qui ont mené les hommes au désastre qu’une certaine modernité n’a pas su éviter. À partir de l’expérience commune des lieux et résolument tournée du côté du sensible et des représentations symboliques, l’exposition Suspended Spaces #1 présente des productions inédites qui prennent leur inspiration, de près ou de loin, dans cet espace suspendu particulier, dont la puissance d’impact mais aussi la mélancolie qui s’en dégagent ont été expérimentées avec une grande émotion par tous les acteurs de ce projet quelque peu utopique. Après une seconde étape à Nicosie début 2011 et une publication plus loin, le projet poursuivra sa route dans d’autres villes européennes, probablement sous d’autres formes et à partir de nouvelles expériences communes.

Ce même jour seront inaugurées deux expositions parallèles au projet Suspended Spaces :

A 15h, Paranormal Zone 80, à la Galerie de l’ESAD, 40 rue des Teinturiers, Amiens.

A 16h, You are here/there,  à l’Espace Camille Claudel (Bibliothèque du Pôle Cathédrale de l’Université de Picardie Jules Verne)

15 placette Lafleur,Amiens.

Et nous vous invitons enfin à la performance qui clôturera l’exposition Gleisdreieck du collectif composé de Guido Huebner, Samuel Loviton, Isabelle Chemin et Rainer Frey, le samedi 23 janvier à 20h30, à la Briqueterie, 2 rue Lescouvé, Amiens.

Exposition collective réalisée en partenariat avec :
le Centre de Recherches en Arts de l’Université de Picardie Jules Verne,
Transat Vidéo,
le Centre d’Art de Nicosie,
la Maison de la Culture d’Amiens,
avec l’aide du programme Culture 2007-2013 de l’Europe.

Le vernissage se fera simultanément à l’ouverture du festival Tendance à la Maison de la Culture d’Amiens.

http://www.maisondelaculture-amiens.com/www/tendance_2010

Un car pourra ramener ceux qui le souhaitent jusqu’à la Place du Châtelet à Paris le soir du vernissage, lundi 18 janvier, après le spectacle de Guy Cassiers (départ d’Amiens vers 23h15). Pour se rendre à Amiens, des trains partent toutes les heures de la Gare du Nord (1h10 de temps de trajet).

Réservation : team@suspendedspaces.net

Written by suspendedspaces

3 janvier 2010 at 12:18

Les différents lieux à Amiens

Tél : 03 22 97 79 79

du 18 janvier au 25 avril 2010

ouvert du mardi au vendredi à partir de 13h, le week-end à partir de 14h, jusqu’à la fin des spectacles ou des séances de cinéma

Les artistes : Ziad Antar / Katerina Attalides, Christian Barani, Bertrand Gauguet / Berger et Berger / Antoine
Boutet / Nikos Charalambides / Marcel Dinahet / Köken Ergun / Maïder Fortuné / Pravdoliub Ivanov / Jan Kopp /
Yiannis Kyriakides / Lia Lapithi / Daniel Lê, Eric Valette / Armin Linke (en collaboration avec Aristides Antonas et
Serap Kanay) / Adrian Paci / Panayiotis Michael / Françoise Parfait / Denis Pondruel / Sophie Ristelhueber / Mira
Sanders / Yiannis Toumazis / Stephanos Tsivopoulos / Christophe Viart / Mehmet Yashin

Tél : 03 22 91 62 04

du 18 janvier au 27 février 2010

ouvert du mardi au vendredi de 14h à 18h

Les artistes : François Bellenger / Filip Berte / Marcel Dinahet / Elizabeth Hoek Doering

  • MUSÉE DE PICARDIE

36, Rue Victor Hugo 80000 Amiens
Tél : 03 22 97 14 0

du 18 janvier au 25 avril 2010

ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h30, et de 14h à 18h

artiste : Victor Burgin

Tél : 03 22 95 12 95

du 18 au 22 janvier 2010

ouvert de lundi au samedi de 14h à 20h

Performance le 24 janvier à 17h
Les artistes : Gleisdreieck (Guido Huebner, Isabelle Chemin, Samuel Loviton, et Rainer Frey)

Les conférences et projections

  • Cinéma Studio Orson-Welles
2, Place Léon Gontier 80000 Amiens

Tél : 03 22 97 79 77

Expositions parallèles:

ESPACE CAMILLE CLAUDEL (Université)

Bibliothèque universitaire du pôle cathédrale de l’ UPJV

15, placette Lafleur 80000 Amiens

à partir du 18 janvier

You are here here/there /exposition collective
commissaire de l’exposition : Panayiotis Michael, artiste et Assistant Professor à Frederick University, Nicosia (Chypre)
Cette exposition accueille dix jeunes artistes chypriotes diplômés de Applied Arts Department of Frederick
University, Nicosia, ainsi que deux jeunes artistes chypriotes diplômés d’une école d’art britannique.

Tél : 03 22 66 49 90

du 18 au 29 janvier 2010
Paranormal Zone 80 exposition collective

Exposition réalisée dans le cadre d’un cours commun orchestré par Alain Della Negra et Michaël Sellam entre la Faculté des Arts UPJV et l’École supérieure d’art et de design d’Amiens.