Suspended spaces

Posts Tagged ‘Marcel Dinahet

Marcel Dinahet / Suspended Spaces#1 à la Maison de la Culture et à la Maison de l’Architecture

Marcel Dinahet

Famagusta-Varosha (1)-(2)-(3)

2008 – 2010

Vidéo, en boucle, son

Projections et diffusion écran plat

Une ville submergée, une caméra au bord de la noyade: les vidéos de Marcel Dinahet donnent un peu le mal de mer, mettent le spectateur dans les conditions d’une expérience physique où les repères habituels de la terre ferme semblent vaciller. Ces images nous déboussolent. Marcel Dinahet présente plusieurs vidéos qui ont été tournées lors de séjours à Chypre en 2008 et 2009 : la série Famagusta-Varosha (1)-(2)-(3).

Les vidéos de la série Famagusta-Varosha présentent une image flottante, correspondant à un protocole que l’artiste utilise dans une grande majorité de ses travaux et qui marque d’une certaine manière sa signature : la caméra est embarquée dans un caisson de plongée qu’il manipule à la limite de la surface de l’eau (ici la mer Méditerranée), n’hésitant pas à s’immerger pour accompagner le dispositif de prise de vue qu’il laisse plus ou moins flotter au gré du courant, ou bien qu’il maintient à la surface du sable, à la limite des vagues et du ressac. Tournées discrètement en adoptant la posture d’un baigneur, d’un pécheur ou le point de vue d’un animal marin, les images captent le moindre changement de lumière, mêlant dans un mouvement plus ou moins agité selon l’état de la mer, l’eau, le ciel et la terre et créant ainsi un paysage instable et improbable qui met à distance ou rapproche les bâtiments de la ville désertée de Varosha. Mer d’huile ou risée crépitante forment ainsi toujours le premier plan des vidéos et le milieu dans lequel l’artiste effectue toujours une performance. Cet environnement aquatique qui fait masse et qui parfois submerge complètement l’image et le motif qu’elle représente, déplace le point de vue en un lieu difficile à nommer et qui nous donne une vision nouvelle, inédite, parfois inimaginable de l’espace filmé. Ce point de vue décentré donne de la ville une représentation inouïe où nous ne savons lequel, de la ville ou de son observateur lui-même mal défini, ne peut tenir en place, ne peut entrer dans le cadre. Qui regarde qui ? La ville qui semble se noyer dans une danse un peu désespérée ou bien la caméra et le corps qui la porte qui entrent eux aussi dans la danse ? Varosha est sans doute une ville qui a du mal en effet à entrer dans les cadres, qui échappe à une définition rationnelle, qui défie notre capacité à la nommer.

Marcel Dinahet interroge les confins, les limites, les finistères,  cherchant à apercevoir dans ces fins de terre, ces interstices entre les éléments naturels, des formes inaperçues qui pourraient nous apporter des nouvelles inédites de notre monde. Marcel Dinahet manipule très peu ses images après la prise de vue, tout est déterminé au moment du filmage ; en général, il enregistre des plans-séquences qu’il soumet tels quels au spectateur, après les avoir choisis.

Marcel Dinahet, né en 1943, vit et travaille à Rennes et sur les littoraux.  Grand voyageur, il travaille dans les paysages et performe des prises de vue depuis l’eau, fleuves, bassins et piscines, mers et océans. Son travail est présenté dans de nombreux musées et centres d’art et il est présent dans de nombreuses collections, privées et publiques. En 2008, Marcel Dinahet crée avec Célia Cretien l’association Finis Terrea, qui a pour objectif de développer des projets d’art contemporain (particulièrement des films et des vidéos) sur l’île d’Ouessant et d’y favoriser la diffusion de la création contemporaine française et internationale.


Famagusta-Varosha (3) Marcel Dinahet Vidéo, 2009 © Marcel Dinahet pour Suspended Spaces

Publicités

Written by suspendedspaces

4 janvier 2010 at 5:11