Suspended spaces

Posts Tagged ‘MUSÉE DE PICARDIE

Victor Burgin / Suspended Spaces#1 au Musée de Picardie

Victor Burgin

Histoires

2010

Installation sonore dans la salle des Sculptures du Musée de Picardie

Haut-parleurs sur pieds et trois pistes sonores.Textes lus par Nathalie Richard.

En réponse à l’invitation au projet Suspended Spaces #1, Victor Burgin établit une œuvre sonore sur mesure pour le Musée de Picardie. Se saisissant des mouvements de la pensée et des rapprochements qu’ offrent les associations d’idées, il allie Chypre et son histoire au présent de la salle des Sculptures, qui présente des statues du XIXème siècle.

C’est l’expérience de cette salle elle-même qui compose l’élément visuel de l’œuvre, tandis que trois pistes sonores diffusent simultanément à trois endroits de la salle des textes écrits par Victor Burgin. Chacune de ces pistes donne à entendre un fragment de monologue intérieur de nature différente. Par le mouvement du visiteur, incité à se déplacer entre les haut-parleurs, se matérialise dans cet espace le va-et-vient irrégulier des pensées qui circulent d’idées en idées, par le biais d’associations subjectives.

Le premier fragment sonore (1/3) fait entendre la voix, silencieuse, de quelqu’un qui lit afin de s’informer.

Le second fragment (2/3) est énoncé comme un monologue intérieur que l’on se destine à soi-même – il se situe sur le plan émotionnel.

Le dernier fragment (3/3) est la voix d’une personne qui, mentalement, s’adresse à un de ses pairs – peut-être répète-t-elle une conférence.

Les différents fragments sont énoncés par la même voix féminine. Qui parle ? Victor Burgin s’attache à solliciter la mémoire, la projection ou l’imaginaire chez le spectateur et ici, chaque visiteur trouvera à cette question une réponse qui lui sera propre, élaborée à partir du cheminement qu’il accomplit dans la salle, de ce qu’il en voit et des fragments. Dans la reconstruction imaginaire de Victor Burgin, la personne que l’on entend penser pourrait travailler dans le domaine de l’histoire de l’ art. Le fragment 3/3 indique une familiarité avec la sculpture française du XIXème siècle. En plus d’un intérêt professionnel pour Eurydice, la personne s’identifie émotionnellement à ce personnage mythologique.  Dans le fragment 2/3, elle songe à sa relation ambivalente et difficile avec un homme d’un milieu assez différent du sien — une autre nationalité, un écart linguistique, politique, générationnel. Un homme qui espère qu’elle le suivra. Le fragment 1/3 indique un centre émotionnel et géographique particulier, peut-être celui de l’homme et de sa famille, et lie cette installation du Musée de Picardie au projet général de Suspended Spaces : en 2007, le Comité pour les Personnes Disparues à Chypre (Committee on Missing Persons in Cyprus) a commencé à exhumer les ossements d’individus chypriotes grecs et chypriotes turcs portés disparus depuis les événements de 1963-64 et de 1974, qui retourneront à leur famille. Ce fragment sonore résume le processus en des termes techniques, qui tissent ici un lien supplémentaire entre archéologie et histoire de l’art. Lors de sa visite du musée, l’artiste a été frappé par cette salle des Sculptures, qui lui a notamment évoqué la vue d’uncimetière.

Le travail de Victor Burgin, né à Sheffield, Angleterre, en 1941, déploie depuis les années 1960 une réflexion sur les relations entre le textuel (discours théoriques ou récits), l’image (image vidéo, image filmée, photographiée, peinte, détournée) et l’histoire de la culture en général. Lié au Cultural Studies enseignées dans les universités anglo-saxonnes, il construit une critique de la représentation et des différents codes sociaux qui la régissent. On classe souvent son travail dans la catégorie des œuvres conceptuelles ; il a cependant toujours conservé une part de subjectivité sensible et sollicite fantasme ou projection chez le spectateur.

Charlène Dinhut

Publicités

Written by suspendedspaces

4 janvier 2010 at 5:05

Les différents lieux à Amiens

Tél : 03 22 97 79 79

du 18 janvier au 25 avril 2010

ouvert du mardi au vendredi à partir de 13h, le week-end à partir de 14h, jusqu’à la fin des spectacles ou des séances de cinéma

Les artistes : Ziad Antar / Katerina Attalides, Christian Barani, Bertrand Gauguet / Berger et Berger / Antoine
Boutet / Nikos Charalambides / Marcel Dinahet / Köken Ergun / Maïder Fortuné / Pravdoliub Ivanov / Jan Kopp /
Yiannis Kyriakides / Lia Lapithi / Daniel Lê, Eric Valette / Armin Linke (en collaboration avec Aristides Antonas et
Serap Kanay) / Adrian Paci / Panayiotis Michael / Françoise Parfait / Denis Pondruel / Sophie Ristelhueber / Mira
Sanders / Yiannis Toumazis / Stephanos Tsivopoulos / Christophe Viart / Mehmet Yashin

Tél : 03 22 91 62 04

du 18 janvier au 27 février 2010

ouvert du mardi au vendredi de 14h à 18h

Les artistes : François Bellenger / Filip Berte / Marcel Dinahet / Elizabeth Hoek Doering

  • MUSÉE DE PICARDIE

36, Rue Victor Hugo 80000 Amiens
Tél : 03 22 97 14 0

du 18 janvier au 25 avril 2010

ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h30, et de 14h à 18h

artiste : Victor Burgin

Tél : 03 22 95 12 95

du 18 au 22 janvier 2010

ouvert de lundi au samedi de 14h à 20h

Performance le 24 janvier à 17h
Les artistes : Gleisdreieck (Guido Huebner, Isabelle Chemin, Samuel Loviton, et Rainer Frey)

Les conférences et projections

  • Cinéma Studio Orson-Welles
2, Place Léon Gontier 80000 Amiens

Tél : 03 22 97 79 77

Expositions parallèles:

ESPACE CAMILLE CLAUDEL (Université)

Bibliothèque universitaire du pôle cathédrale de l’ UPJV

15, placette Lafleur 80000 Amiens

à partir du 18 janvier

You are here here/there /exposition collective
commissaire de l’exposition : Panayiotis Michael, artiste et Assistant Professor à Frederick University, Nicosia (Chypre)
Cette exposition accueille dix jeunes artistes chypriotes diplômés de Applied Arts Department of Frederick
University, Nicosia, ainsi que deux jeunes artistes chypriotes diplômés d’une école d’art britannique.

Tél : 03 22 66 49 90

du 18 au 29 janvier 2010
Paranormal Zone 80 exposition collective

Exposition réalisée dans le cadre d’un cours commun orchestré par Alain Della Negra et Michaël Sellam entre la Faculté des Arts UPJV et l’École supérieure d’art et de design d’Amiens.