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Victor Burgin, Histoires au musée de Picardie


Victor Burgin, Histoires au musée de Picardie

Mise en ligne par Suspended Spaces

Petit aperçu de l’installation.

Retrouvez plus d’images sur l’album Flick R de Suspended Spaces

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Written by suspendedspaces

19 janvier 2010 at 11:18

Victor Burgin / Suspended Spaces#1 au Musée de Picardie

Victor Burgin

Histoires

2010

Installation sonore dans la salle des Sculptures du Musée de Picardie

Haut-parleurs sur pieds et trois pistes sonores.Textes lus par Nathalie Richard.

En réponse à l’invitation au projet Suspended Spaces #1, Victor Burgin établit une œuvre sonore sur mesure pour le Musée de Picardie. Se saisissant des mouvements de la pensée et des rapprochements qu’ offrent les associations d’idées, il allie Chypre et son histoire au présent de la salle des Sculptures, qui présente des statues du XIXème siècle.

C’est l’expérience de cette salle elle-même qui compose l’élément visuel de l’œuvre, tandis que trois pistes sonores diffusent simultanément à trois endroits de la salle des textes écrits par Victor Burgin. Chacune de ces pistes donne à entendre un fragment de monologue intérieur de nature différente. Par le mouvement du visiteur, incité à se déplacer entre les haut-parleurs, se matérialise dans cet espace le va-et-vient irrégulier des pensées qui circulent d’idées en idées, par le biais d’associations subjectives.

Le premier fragment sonore (1/3) fait entendre la voix, silencieuse, de quelqu’un qui lit afin de s’informer.

Le second fragment (2/3) est énoncé comme un monologue intérieur que l’on se destine à soi-même – il se situe sur le plan émotionnel.

Le dernier fragment (3/3) est la voix d’une personne qui, mentalement, s’adresse à un de ses pairs – peut-être répète-t-elle une conférence.

Les différents fragments sont énoncés par la même voix féminine. Qui parle ? Victor Burgin s’attache à solliciter la mémoire, la projection ou l’imaginaire chez le spectateur et ici, chaque visiteur trouvera à cette question une réponse qui lui sera propre, élaborée à partir du cheminement qu’il accomplit dans la salle, de ce qu’il en voit et des fragments. Dans la reconstruction imaginaire de Victor Burgin, la personne que l’on entend penser pourrait travailler dans le domaine de l’histoire de l’ art. Le fragment 3/3 indique une familiarité avec la sculpture française du XIXème siècle. En plus d’un intérêt professionnel pour Eurydice, la personne s’identifie émotionnellement à ce personnage mythologique.  Dans le fragment 2/3, elle songe à sa relation ambivalente et difficile avec un homme d’un milieu assez différent du sien — une autre nationalité, un écart linguistique, politique, générationnel. Un homme qui espère qu’elle le suivra. Le fragment 1/3 indique un centre émotionnel et géographique particulier, peut-être celui de l’homme et de sa famille, et lie cette installation du Musée de Picardie au projet général de Suspended Spaces : en 2007, le Comité pour les Personnes Disparues à Chypre (Committee on Missing Persons in Cyprus) a commencé à exhumer les ossements d’individus chypriotes grecs et chypriotes turcs portés disparus depuis les événements de 1963-64 et de 1974, qui retourneront à leur famille. Ce fragment sonore résume le processus en des termes techniques, qui tissent ici un lien supplémentaire entre archéologie et histoire de l’art. Lors de sa visite du musée, l’artiste a été frappé par cette salle des Sculptures, qui lui a notamment évoqué la vue d’uncimetière.

Le travail de Victor Burgin, né à Sheffield, Angleterre, en 1941, déploie depuis les années 1960 une réflexion sur les relations entre le textuel (discours théoriques ou récits), l’image (image vidéo, image filmée, photographiée, peinte, détournée) et l’histoire de la culture en général. Lié au Cultural Studies enseignées dans les universités anglo-saxonnes, il construit une critique de la représentation et des différents codes sociaux qui la régissent. On classe souvent son travail dans la catégorie des œuvres conceptuelles ; il a cependant toujours conservé une part de subjectivité sensible et sollicite fantasme ou projection chez le spectateur.

Charlène Dinhut

Written by suspendedspaces

4 janvier 2010 at 5:05